Protéger la santé oculaire lors d’un voyage en espace

par | Déc 19, 2019

Les 13 et 14 novembre derniers, Zilia a participé au Forum National sur la santé dans l’Espace organisé par l’agence spatiale canadienne. L’objectif d’un tel évènement était de réunir les leaders canadiens en technologies médicales afin de discuter des défis que présentent les missions spatiales de longue durée sur la santé des astronautes.

Un des principaux sujets adressés était le prochain objectif d’exploration spatiale: se rendre sur la planète Mars. La distance qui nous sépare de la planète rouge est plus de 200 fois supérieure à la distance Terre-Lune. Jamais auparavant le corps humain n’aura-t-il subi des stress importants pendant une période aussi longue. Lors de sa présentation, l’astronaute, médecin et ingénieur David Saint-Jacques a expliqué que mis à part les dangers liés au voyage même de la fusée (décollage, atterrissage, accélération/décélération, explosion, etc.) beaucoup de problèmes de santé physique et mentale sont liés à l’environnement hostile et l’isolation ou confinement. Les radiations cosmiques ainsi que les traumas possibles sont aussi des préoccupations. De plus, la microgravité, c’est à dire la quasi absence de force gravitationnelle, peut causer un affaiblissement des muscles et des os, des problèmes au niveau du système nerveux central, de l’appareil cardiovasculaire et des yeux.

En effet, la vue peut être affectée par le temps passé dans l’espace, dû à une réduction de la circulation et de l’oxygénation dans le tissu oculaire. Environ 30% des astronautes effectuant des vols de courte durée dans une navette spatiale (environ deux semaines) et 60% en mission de longue durée à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS) ont signalé une altération de leur vision [1]. En réponse, le professeur Michael Delp – le doyen du College of Human Sciences de la Florida State University (FSU) et ses collègues recommandent que la gravité artificielle soit incorporée dans les futures missions et ont commencé avec une étude sur des groupes de souris. Alors qu’un groupe vivait dans des conditions de microgravité ambiante, l’autre vivait dans une unité qui reproduisait l’équivalent de la gravité terrestre. L’équipe de recherche a constaté que le premier groupe avait subi des dommages aux vaisseaux sanguins qui sont importants pour la régulation de la pression des fluides dans les yeux.

L’auteur principal de l’étude, Xiao Wen Mao, a indiqué que ces découvertes pourraient avoir des applications ici sur Terre: « Nous espérons que nos découvertes caractériseront non seulement l’impact de l’environnement des vols spatiaux sur les yeux, mais contribueront à de nouveaux traitements pour ces problèmes de vision ainsi qu’à d’autres maladies oculaires fréquentes sur Terre, telles que la dégénérescence maculaire liée à l’âge et la rétinopathie. »

De nombreux inconnus demeurent en termes d’effets de l’espace lointain sur la santé des humains. Le développement de nouveaux outils de mesure et de surveillance est requis pour faire avancer la science. Ceux-ci devront être fiables et autonomes. Par exemple, l’oxymétrie oculaire combinée à l’intelligence artificielle a le potentiel de devenir un outil extrêmement intéressant pour l’étude de l’impact de l’espace sur la santé oculaire, notamment puisque cet outil permettrait d’évaluer les dommages vasculaires dans l’oeil. De plus, puisque l’oeil est une fenêtre sur le cerveau, la mesure d’autres biomarqueurs pour l’évaluation des impacts de l’espace sur le cerveau et le système nerveux central est d’autant plus prometteuse.

[1] Goodwin, T., & Christofidou-Solomidou, M. (2018). Oxidative stress and space biology: An organ-based approach.

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